• 12 décembre

    Le matin avant d’aller au travail, je fais un gros détour par Shinjuku. Même si nous approchons à grand pas de l’hiver, les températures restent encore douces sur Tokyo et il y a un magnifique ciel bleu. C’est donc des journées idéales pour sortir, se balader et partir à la recherche des vues d’Edo.

    Je suis allée en direction du « central park » de Shinjuku, celui qui se trouve en face du siège du gouvernement métropolitain, cet immense immeuble construit par Kenzo Tenge dont il tira son inspiration de Notre-Dame de Paris et d’une puce électronique.

     

    Du côté de Shinjuku...N°50 角筈熊野十二社俗称十二そう, Tsunohazu Kumano Jūnisha zokushō Jūnisō  Le sanctuaire Kumamo à Tsunohazu aussi connu sous le nom de Juniso.

    Ce sanctuaire fut fondé pendant l’ère Oei par Suzuki Kuro, natif de la province de Kii (autour de Wakayama) où se trouvent les sanctuaires de Kumamo originaux. Ils sont nommés Junisha car ils sont dédiés à 12 divinités.

    Ce sanctuaire existe toujours. Il est situé à l’angle Nord-Ouest du parc. Après tout, on ne détruit pas les lieux sacrés. C’est peut-être une grande chance car ils servent de repères dans mes recherches.

     

    Du côté de Shinjuku...

     

    Cependant, le lac qui est représenté sur l’estampe lui n’existe plus. D’après les photos que l’on peut trouver dans le sanctuaire, il semblait encore être un lieu de plaisance fort prisé il n’y a pas si longtemps.

    Il devait se trouver de l’autre côté de la route qui borde le temple mais aujourd’hui, il n’y a plus que des immeubles d’habitation. Le seul point d’eau que vous trouverez, c’est le minuscule étang qui est à côté du Honden du sanctuaire !

    Sinon, allez voir les jeux d’eaux qui se trouvent dans le parc…

     

    Du côté de Shinjuku...N°42玉川堤の花, Tamagawa tsutsumi no hana Cerisiers en fleur le long de la Tamagawa

    En fait, quand j’ai vu le titre je fus fort étonnée… La Tamagawa ??!! à Shinjuku ??!!

    En fait, ce n’est pas la rivière qui y coulait mais l’aqueduc qui détournait de l’eau de la Tama pour les habitants de la ville d’Edo. C’est Tokugawa Yoshimune qui en ordonna la construction suite à une tentative d’attentat et aussi par crainte que la capitale brûle et qu’il n’y ait pas d’eau pour éteindre les foyers d’incendie.

     

    Du côté de Shinjuku...

     

    Je ne sais pas vraiment où passait l’aqueduc mais il doit y avoir des « restes » au parc de Shinjuku : le Shinjuku Gyoen National Garden. Toutefois, cette estampe montre les demeures de certains daimyo et aujourd’hui, le lieu ainsi décrit serait en fait le Takashimaya qui se situe à la porte Sud de la gare de Shinjuku.

     

    Du côté de Shinjuku...N°86 四ッ谷内藤新宿, Yotsuya Naitō Shinjuku Naito Shinjuku à Yotsuya

    Oui, ça aussi comme titre c’est assez bizarre. Mais ne vous étonnez pas si je vous dis qu’il n’y a plus de chevaux du côté de Shinjuku… Nan j’ai vraiment cherché mais la poste maintenant utilise d’autres moyens de transports et les gens qui s’arrêtent dans les hôtels environnants aussi. Donc plus de bouses (même pas de crottes de chien… affligeant… je ne peux même pas faire une photo à peu près ressemblante ! Je vous jure tout se perd…)

     

    Du côté de Shinjuku...

     

    Mais pourquoi Naito ? C’était le nom de la famille daimyo dont on voit la demeure sur l’estampe. Shinjuku lui appartenait jusqu’à ce qu’il partage son territoire avec ses six vassaux. Quand des auberges et des maisons de plaisance eurent le droit de s’établir dans le quartier, le lieu prit le nom de Naito Shinjuku. C’était vraiment un endroit de passage car la route de Koshikaido passait par là. C’est toujours le cas remarquez…

    En 1718, à cause d’une brouille entre un samouraï et un tenancier, tout commerce y fut interdit jusqu’en 1772 et il devint alors un des quartiers les plus animés de la capitale. Ca non plus ça n’a pas changé.

     


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  • 7 décembre.

    Journée de repos, ou presque... J’enfile de bonnes chaussures direction Ueno !
    Figurez-vous que c’est peut-être l’endroit de Tokyo où les paysages d’Hiroshige sont encore semblables !! Etonnant non ?
    Meguro qui fut presque inoccupé à l’époque subit une transformation radicale alors qu’Ueno, quartier plus ancien, a su plus ou moins garder son caractère d’antan.

     

    Le premier arrêt fut la station Suidobashi.

    N°48水道橋駿河台, Suidōbashi Surugadai Le pont Suido et le quartier Surugadai

    De Ueno à AkihabaraEt bien aujourd’hui, depuis le pont Suido, nous pouvons effectivement voir la Kandagawa mais abandonnez l’idée d’apercevoir le Mont Fuji… ou même les carpes flotter durant Koi nobori. La principale attraction c’est peut-être le Tokyo Dome et ses nombreux spectacles ou matchs de baseball.

     

     

    De Ueno à Akihabara

     

    Le nom de Surugadai provient de la province de Suruga (aujourd'hui cela correspond à le préfecture de Shizuoka). En effet, après la mort de Tokugawa Ieyasu, cette zone d'Edo fut occupée par des fonctionnaires issus du domaine de Sunpu (駿府藩, Sunpu-han, aujourd'hui Shizuoka).
    Quant aux étendards, il y a des fukinagashi
    吹き流し : les étendards militaires constitués d'une longue hampe où on attachait des rubans de soies ballotées par le vent et les nobori : étendards verticaux avec des voeux de bonheurs et des représentations du géant  Shoki vainqueurs des démons.
    Ces étendards ont évolué avec le temps. Au départ, ils n'y avait que trois couleurs : jaune, rouge et bleu et les représentations étaient des scènes guerrières. Peu à peu, ils s'agrandissent et deviennent polychromes puis les étendards munies de carpes font leur apparition.

     

    N°117 湯しま天神坂上眺望, Yushima Tenjin sakaue chōbō Le sanctuaire Yushima Tenjin vu du haut de la colline.

    De Ueno à AkihabaraMais quelle colline me direz-vous ?? Eh bien Otoko no zaka 男の坂, le passage pour les hommes car il y a une pente plus douce pour les femmes (Onna no zaka 女の坂). Mais figurez-vous que vous pouvez vous tenir à l’endroit exact d’où l’ensemble fut peint ! C’est d’ailleurs assez extraordinaire. Cependant, la vue sur l’étang Shinobazu et le temple de Benten est bloqué par les immeubles qui ont poussés comme des champignons. Si vous souhaitez retrouver la vue d’autrefois, peut-être devriez-vous vous inviter chez les personnes qui habitent dans l’immeuble juste à côté du temple.

     

    De Ueno à Akihabara

     


    A l'époque le quartiers était entouré de pruniers, de maisons de thé mais aussi de maisons de passe... Et les citadins venaient aussi pour jouer à la loterie qui n'était alors autorisée que dans de rares endroits.
    Je vous avouerai que je ne sais pas pour les maisons de passe, je n'ai pas vraiment enquêté, mais le quartier semble beaucoup moins animé. La loterie, fut remplacée par le pachinko ou le loto mais ces établissement ne se sont pas établis à proximité du temple.

     

    N°11 上野清水堂不忍ノ池, Ueno Kiyomizu-dō Shinobazu no ike Le pavillon Kiyomizu et l’étang Shinobazu

    N°89 上野山内月のまつ, Ueno sannai Tsuki no matsu
    Le "pin de la lune" a Ueno

    De Ueno à AkihabaraDe Ueno à Akihabara

     

     

     

     

     

     

     

    Voici également un endroit qui n’a pas changé d’un pouce !! Même le pin de la lune est toujours là et on semble en prendre très grand soin !

    C’est assez difficile d’avoir le même point de vue que l’artiste car il faudrait être un peu plus en hauteur, mais si vous disposez d’une échelle… ou que vous grimpez sur l’arbre à proximité (attention, je suggère, mais ne cautionne pas), vous pourrez profiter du même paysage qu’Hiroshige en son temps.

     

    De Ueno à Akihabara

     

     

    De Ueno à Akihabara

     


    Depuis la terrasse du pavillon Kiyomizu, et s
    i vous regardez à travers le cercle du "pin de la lune", vous pourrez observer l'étang Shinobazu et le temple de Benten construit à l'image de celui de l'île de Chikubu sur le lac Biwa.
    Lee pavillon appartient au monastère Kanei-ji situé plus au nord (près de la station JR Uguisudani). A l'époque, au-delà de l'étang, s'étendait un quartier occupé par le daimyô Maeda, seigneur de Kaga (préfecture d'Ishikawa) aujourd'hui remplacé par un des campus de l'université de Tokyo (Tôdai - campus Hongo)

     

    N°12 上野山し  Uneo Yamashita Ueno Yamashita

    De Ueno à AkihabaraIl est difficile de savoir exactement quel est l’endroit qui était représenté alors. Je suppose que c’est au pied de l’entrée du parc, vers la station Uneno Keisei. Mais aujourd’hui, notre seul indice, c’est-à-dire l’endroit nommé Iseya sur l'estampe, qui était un service de restauration rapide célèbre pour son plat avec des feuilles de shiso, n’existe plus et fut remplacé par des Yoshinoya, Sukiya ou autres…

     

    De Ueno à Akihabara

     


    Le site se trouvait à proximité de Mihashi 三橋 les trois ponts qui traversaient la rivière Shinobu se jetant dans le lac Shinobazu (aujourd'hui, tout cela a disparu bien entendu...). Pourquoi trois ponts ? Au départ, il n'y en a qu'un qui mènait aux sépultures des shôgun, mais avec l'élargissement des rues à cause de l'incendie de Mereiki en 1657, deux autres furent construits. Cependant, chacun acquit une fonction : celui du milieu était réservé au shôgun, celui à l'ouest était pour les processions funéraires et celui à l'est pour les condamnés.

     Yamashita était le nom du terrain inculte qui s'étendait au pied de la colline d'Ueno (d'où son nom). Il servait d'obstacle en cas d'incendie.
    En 1737, il fut aménagé et devint célèbre pour ses spectacles de rue et des bazars connus sous le nom de hotokedana "boutique de Bouddha" qui parfois s'occupaient également de fournir des prostituées appelées kekoro.
    Pourquoi boutiques de Bouddha ? Le mur de pierre que nous voyons sur l'image mène au temple Kanei-ji. Cela peut-être une explication.
    Le torii qu'ont voit est celui du sanctuaire shintoïste Gojo-tenjin consacré à Sugawa-no Michizane, un ministre et poète qui devint le protecteur des savants et des étudiants.

    N°13 下谷広小 Shitaya Hirokoji Shitaya Hirokoji

    De Ueno à AkihabaraCroyez-moi ou non mais le grand magasin Matsuzakaya existe toujours ! Certes plus grand, entouré de nombreux autres établissements mais même son symbole est toujours représenté sur une de ses façades.Autrefois spécialisé dans la soie, le magasin offre de nos jours plus de choix.

     Shitaya signifie quelque chose comme "la vallée inférieure/basse" et donc comme Yamashita, se trouvait au pied de la colline d'Ueno.

     

    De Ueno à Akihabara

    De Ueno à Akihabara

     


    Sur l'estampe, on peut également apercevoir un petit magasin avec des armoiries rouge. C'est un salon de coiffure. Pour connaître la dernière mode, il suffisait de regarder sur les rideaux noren
    暖簾 qui affichaient les dernières vogues.

     

    N°10 神田明神曙之景, Kanda Myōjin akebono no kei Lever de soleil au sanctuaire Kanda Myojin

    De Ueno à AkihabaraEuh non, je n’allais pas attendre aussi longtemps ou me réveiller avant le lever du soleil pour en saisir l’instant. Surtout que je n’arrivais pas à m’imaginer où pouvait se trouver cette terrasse du temple. Le sanctuaire est toujours là mais où est la terrasse car aujourd’hui on ne retrouve plus ces petites tables où les passants peuvent se reposer en sirotant probablement un thé. En fouinant un peu, on peut retrouver l’endroit. Maintenant la seule chose qui s’y repose se sont les voitures puisque l’endroit est devenu un parking. Mais il surplombe les lieux et donne une vue impressionnante sur le quartier… La vue aurait pu être plus impressionnante sans les buildings et avec un peu plus de verdure mais bon, je ne changerai pas Tokyo par ma seule volonté…

     

    De Ueno à Akihabara

     

     

    N°47 昌平橋聖堂神田川, Shōheibashi Seidō Kandagawa Le sanctuaire Sei-do et la Kandagawa vus du pont Shôhei

    De Ueno à AkihabaraSi Yushima Seido existe toujours avec une grande statue de Confucius dans son enceinte, il est maintenant impossible d’en voir les murs depuis le pont Shohei. Le pont est aussi là, mais on oublie la grande colline du premier plan sur l’estampe. A la place, vous aurez la gare d’Ochanomizu et le trafic des trains des différentes lignes passant par là (Sobu et Chuo).

     

    De Ueno à Akihabara

     

    Le nom de shohei vient en fait de Shan Tung, le nom de la ville où naquit Confucius. Le pont s'appelait autrefois Imoaraibashi, ne me demandez pas le lien avec les pommes-de-terre.... Par contre son changement de nom de la colline, et donc du pont attenant, s'explique par le fait que le shôgun Tokugawa Tsunayoshi ait voulu attester de son dévouement au confucianisme.

     

    N°9 筋違内八ツ小路, Sujikai uchi Yatsukōji La rue Yatsukoji près de la porte Sujikai

    De Ueno à AkihabaraComment gommer l’une des plus grandes artères de l’époque ainsi qu’une porte ? Faites passer le train par là. D’habitude ce sont les voies express ou les autoroutes qui ont transformées le paysage, ça nous change un peu.

    La vue est donc impossible à retrouver, enfin disons que depuis le point de vue de l’artiste, cela ne donne rien. Pour se souvenir de l’endroit, il y a quand même un petit panneau récapitulant les faits avec une carte de l’ère Edo et une carte actuelle. Et oui, tout a disparu… Et même certainement des mémoires. La ville électrique, car Akihabara est à deux pas, ne se soucie pas de ces vieilles choses.

     

    De Ueno à Akihabara



    Le porte Sujikai fut érigée en 1636 pour le contrôle du passage des voyageurs allant vers Nihonbashi. La vaste place qui est devant sert de coupe-feu. Une multitude de petites rues s'y rejoignaient, si bien qu'on l'a surnommée Yatsukoji "huit rues".

     

     


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  • 5 décembre.

    Aujourd’hui, je travaille du côté d’Ebisu alors je suis partie un peu en avance pour tenter de repérer quelques lieux.

    J’avais un peu peur de ne rien pouvoir trouver pour les estampes relatives aux quartiers de Meguro/Ebisu, mais je fus étonnée quand après quelques pérégrinations dans les petites rues, loin des grandes artères, je trouvai un panneau indiquant clairement ce que je venais chercher : les « mini » Monts Fuji qui avaient été édifiés à Edo.

     

    N°25 目黒元不二, Meguro Moto-Fuji Le Fuji original à Meguro

     

    Entre Ebisu et Meguro...

    C’est une réplique d'une hauteur de 12 m. du Mont Fuji qui fut érigée en 1812. Sur l’estampe, au loin, on peut apercevoir son modèle, c’est-à-dire le vrai Mont Fuji.

    De nos jours, vous vous retrouverez devant un grand immeuble de couleur marron près de Daikanyama. Cet immeuble se trouve juste en face de la très jolie et traditionnelle Kyu Asakura  House construite un siècle plus tard.

     

    Entre Ebisu et Meguro...

     

    Peut-être qu’aux derniers étages de l'immeuble qui occupe actuellement les lieux, on peut observer le Mont Fuji par temps clair mais au pied du bâtiment, seule la vue de du jardin de la demeure de la famille Asakura vaut le coup d’œil !

     

    N° 24 目黒新富士, Meguro Shin-Fuji Le nouveau Mont Fuji à Meguro

    Entre Ebisu et Meguro...Restons dans le thème, si cher à Hiroshige, du Mont Fuji et rapprochons-nous de la gare d’Ebisu. Au bout d’une ruelle qui donne sur un tout petit parc, se trouve l’endroit que nous recherchons. Le lieu est toujours surélevé mais il est difficile d’y voir une réplique de la célèbre montagne nippone. Ebisu et Meguro étant vallonnés (et je sais de quoi je parle ! C'est un très bon exercice à vélo…), il n’est pas étonnant de retrouver un lieu en hauteur. Maintenant, il y a également un immeuble d’habitation sur les lieux et seul un panneau nous rappelle qu’un Mont Fuji s’élevait ici grâce à Juzo Kondo.

    Entre Ebisu et Meguro...

    La verdure environnante est remplacée par des toits visibles à perte de vue et l’aqueduc Mita n’est plus là mais on peut toujours apercevoir la rivière Meguro au loin.

    Ces constructions virent le jour sous l’impulsion d’une fraternité qui vénérait le Mont Fuji, Fuji kô, et qui avait pour principal but de le gravir et d’y faire des retraites ascétiques. Au 19ème s. à Edo, cette fraternité devint plus importantes et eut un rayonnement incroyable tant et si bien que ses membres se mirent à élever des répliques de la montagne sacrée à Edo et dans la région du Kanto.

     

     

    N°84目黒爺々が茶屋, Meguro jijigachaya La maison de thé de « pépé » à Meguro

    Entre Ebisu et Meguro...De la maison de thé, on ne garde qu’une vague idée aujourd’hui à Meguro. L’indice se trouve dans le nom de la pente qui autrefois passait devant ce lieu : Chayazaka 茶屋坂.

    Reste à savoir si l’ancienne maison de thé qui s’y trouvait est l’actuel mess de la garnison qui borde un côté de la route ou si c’est la cuisine de l’ambassade de Pologne qui se trouve de l’autre côté….

     

     

    Entre Ebisu et Meguro...

     

     

     


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  • Mont Fuji et Fuji-kôLe Mont Fuji (富士山 fujisan) est la plus haute montagne du Japon, culminant à 3776 m., située sur l'île d'Honshu, au Sud-Ouest de Tokyo.
    C'est un volcan toujours actif.

    La première ascension s'est faite en 663 par un moine anonyme. Par la suite, les ascensions su succédèrent mais furent interdites aux femmes jusqu'à l'ère Meiji (certaines ont dû le faire en cachette) qui devaient attendre au nyonin-do ("le refuge des femmes"). Aujourd'hui, on recense plusieurs centaines de milliers de personnes par an qui s'y rendent.

    Mont Fuji et Fuji-kôLe Mont Fuji est une montagne sacrée depuis le 7ème s. Elle abrite la demeure de Konohana-sakuya-hime, la princesse qui fait fleurir les arbres, une déesse donc. On retrouve plusieurs temples et de nombreux torii au pied et sur la montagne. Depuis le 12ème siècles des confréries se sont formées, les Fuji-kô, pour entreprendre des pèlerinages et gravir le Mont Fuji. Quand le chef de ces confréries, Jikigyô Miroku, mourut en faisant un jeûne sur la montagne sacrée au 18ème s., le phénomène prit de l'ampleur et une véritable religion se forma. Le nombre de pèlerinages augmentèrent et dans la ville d'Edo, des simulacres de montagnes fleurirent : les Fujizuka 富士塚 et des temples d'où l'on pouvaient observer le Mont Fuji furent construits : les  Sengen-jinja
    浅間神社.

    Les Fujizuka, que l'on peut observer sur les estampes d'Hiroshige, étaient faites de roches volcaniques prises directement sur le mont Fuji et servaient outre d’objet de vénération et de lieu de culte, de substitut pour en faire l’ascension dans des régions qui étaient éloignées de la sainte montagne.


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  • Petite fille, j’adorais dessiner et j’adorais feuilleter des ouvrages sur l’art. Je suis issue de la génération qui a connu les premiers anime à la télé française, j’ai grandi avec et ils ont aussi participé à ma culture artistique d’une certaine façon. Quand j’ai commencé à lire des mangas, j’étais subjuguée par le fait que les dessins qui me semblaient si simples en apparence puissent, en quelques traits, avoir une telle force dans le mouvement. Les plans également étaient si différents des bandes-dessinées auxquelles j’étais habituée. C’était l’un de mes premiers liens avec le Japon. J’ai voulu en savoir plus et j’ai commencé à faire des recherches sur les mouvements artistiques japonais et sur l’histoire du pays.

    Je fus alors fascinée par l’ukiyo-e, mais les ouvrages sur le sujet sont assez rares (ou trop chers…). Certes, il existe des monographies sur les œuvres d’Hokusai, d’Hiroshige et d’Utamaro mais beaucoup moins d’ouvrages furent publiés en français sur les autres artistes, et manque de chance, mon artiste préféré se nomme Torii Kiyonaga, autant dire un grand inconnu pour beaucoup de Français, y compris ceux qui aiment l’art. Je n’ai jamais pu avoir de nombreuses informations sur l’ukiyo-e, pour moi les images du monde flottant étaient devenues des images issues d’un monde mystérieux.

    Mon ignorance ne m’empêche guère d’admirer ces œuvres quand l’occasion se présente. Mais ici, à Tokyo, en visitant les musées je ne peux guère avoir plus d’information à cause de la barrière de la langue et de l’inexistance de cartels dans une langue autre que le japonais.

    J’ai tout de même eu de la chance. Avant mon départ pour le Japon, j’ai pu assister à une exposition consacrée à Hiroshige mettant en avant les stations des routes du Tokaido et Kisokaido. Les noms de certains lieux ne m’étaient pas inconnus et me rappelaient avec nostalgie mes précédents voyages au Japon.

    Lors d’une discussion avec mon amie Katzina (qui tient également un blog fort sympathique http://katzina.hautetfort.com), nous avons évoqué toutes les deux ces estampes et elle ajouta que le fait de retrouver des estampes relatives à Tokyo l’avaient d’autant plus marquée qu’elle connaissait les lieux et essayait de faire des parallèles. L’idée avait germée depuis un certain temps mais c’est à ce moment-là que la machine s’est réellement mise en marche.

    Bien sûr, j’aurais bien voulu entreprendre un périple sur les routes japonaises si j’en avais eu les moyens…. J’ai dû me contenter d’un projet moins ambitieux mais tout aussi laborieux : Puisque je vivais à Tokyo, j’allais me concentrer sur Les 100 vues d’Edo,名所江戸百景 Meisho Edo Hyakkei, faites par Hiroshige.

    Cette série d’estampes réalisées dans les années 1850 servait comme une sorte de guide du routard de l’époque en répertoriant des lieux qui méritaient un détour.

    Mais ces lieux existent-ils toujours ? Auraient-ils été retenus par l’artiste s’il vivait de nos jours ?
    Je voulais faire une comparaison, voir ce qu’il peut advenir d’un paysage, plus ou moins célèbre, en 2 siècles. Je voulais également laisser ma propre impression et revisiter ces paysages, faire mon propre « 100 vues de Tokyo » inspiré de l’œuvre originale.

    Cependant je dois vos prévenir : mes talents n’égalent en rien ceux du maître ! Je n’ai pas utilisé de pinceaux depuis des lustres et même quand je dessinais, mes œuvres n’avaient rien d’extraordinaire. Nous allons dire que ce n’est qu’un projet qui me tient à cœur, un hobby.

    J’ai donc recherché l’ensemble des estampes formant les 100 vues d’Edo. Elles sont en réalité au nombre de 119 et ne se cantonnent pas vraiment à un Tokyo « central ». Une fois la carte établie, il me fallait de bonnes chaussures pour retrouver les lieux et une dose d’endurance et parfois de persévérance.

    Je pars cependant avec un grand handicap : je ne parle ni ne lis japonais. Mes renseignements se limitent donc pour le moment à ce que pourrait me fournir internet et disons-le clairement : les sources ne sont pas fiables et donc ce n’est pas une démarche très scientifique. Il me faudrait des ouvrages de références afin de compléter correctement ce travail mais mon goût pour l’histoire et ma curiosité étant plus forts, je me suis quand même lancée dans cette aventure.


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