• D'Akasaka à Shimbashi....

    Samedi 14 décembre

    C’est reparti !!

    Ce soir, je dois être à Odaiba pour le concert de the pillows ! Je suis très heureuse de pouvoir enfin les revoir mais j’ai un peu de temps dans la matinée et la journée pour rechercher quelques sites qui me mèneront du côté de Shimbashi où je pourrai reprendre la Yurikamome.

    Je suis donc partie à pied de la gare de Shinjuku, en empruntant Shinjuku dori jusqu’à Yotsuya. J’ai poursuivis sur Sotobori dori, grande voie menant au palais d’Akasaka.

    Quand on longe le terrain appartenant au palais, sur la gauche, on peut bientôt apercevoir une douve. C’est précisément à cet endroit qu’Hiroshige fit l’estampe n° 85

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°85 紀ノ国坂赤坂溜池遠景, Kinokunizaka Akasaka Tameike enkei La colline Kinokuni et vue distante d’Akasaka et de l’étang de Tameike.

    L’étang qui se trouve là est la douve Benkeibori du château d’Edo.

    Au fond, on voit le quartier d’Akasaka qui aujourd’hui est devenu un quartier d’affaires. Le lieu est aussi un croisement entre plusieurs grandes voies mais aussi plusieurs lignes de métro. Mis à part la douve et le palais qui a gardé ses « murailles » et certaines anciennes portes, rien n’est semblable à ce que l’on pouvait apercevoir à l’époque d’Hiroshige.

     

    D'Akasaka à Shimbashi....

     

    Autrefois Akasaka servait d'avant-poste pour défendre l'accès au palais du shôgun. On y trouvait les résidences de quelques daimyôs, en particulier celui de Kii (Wakayama) qui faisait partie d'une branche cadette de la famille Tokugawa. C'est ce domaine qui aurait donné son nom à la colline kinokunizaka. Le territoire du domaine n'a pas changé mais un hôtel s'y est établi aujourd'hui.
    Sur cette estampe, des samouraïs longent la douve Benkei qui faisait partie de Sotobori, la grande douve externe à laquelle tous les féodaux devaient participer, soit physiquement soit financièrement. Cette formidable réalisation permit à Ieyasu de garder les puissants sous sa coupe et de les éloigner de toute tentative de rébellion.
    Le nom Benkei vient de Benkei Shozaemon qui prit en charge sa construction mais l'un des daimyôs, Asano Sakyodayu Yoshinaga, y mit tant d'énergie qu'il en fut remercié en étant nommé gouverneur de la province de Kii.

     

     

     

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°119 赤坂桐畑雨中夕けい, Akasaka kiribatake uchū yūkei Pluie nocturne dans le jardin de paulownia à Akasaka.

    Je n’allais ni attendre la nuit, ni la pluie. Le lieu se trouve à deux pas du lieu précédent. On retrouve toujours la douve Benkeibori et on voit les personnages se diriger vers la porte Akasakamon du palais d’Edo.

    C’est donc la porte devant laquelle je suis passée sur Sotobori dori.
    Cette vue peut donc être observée depuis le pont qui mène au célèbre hôtel New Otani.

     

    D'Akasaka à Shimbashi....

     

    La pente est toujours là aujourd’hui, le terrain est resté tel quel mais les paulownias ont disparu, coulés dans le béton…

    Mais pourquoi Akasaka se nomme ainsi ?
    Le lieu était réputé pour sa garance, un célèbre colorant de couleur rouge. L'endroit était aussi appelé Akaneyama.

     

     

     

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°52 赤坂桐畑, Akasaka Kiribatake Le jardin des paulownias à Akasaka

    On continue sur Sotobori dori !! Jusqu’à Hie Jinja qui donne sur le Kokkaigijido, la Diète en français.

    Mais comme je le disais, on oublie les paulownias du daimyô Kuroda. Il n’y en pas plus ici qu’il n'y en avait quelques mètres plus en amont.

    Le plan d’eau que l’on voit sur l’estampe devait correspondre à la douve de Tameike qui n’existe plus aujourd’hui. Par contre, les bâtiments au loin sont ceux de Hie Jinja, enfin Hiei Sannô que l’on peut toujours voir aujourd’hui. Il est facilement repérable grâce à ses grands torii qui donne sur Sotobori dori.

     

    D'Akasaka à Shimbashi....

     

     L'étang de Tameike résultait d'une erreur de calcul pendant qu'on creusait le fossé pour Sotobori. Il fut aussi  l'oeuvre d'Asano Yoshinaga.
    Le terrain touchant l'étang fut planté de pawlonias (kiri en japonais d'où le nom kiribatake) mais furent rapidement coupés et remplacés par des maisons d'habitation et de plaisance. Quelques uns subsistèrent jusqu'à l'époque d'Hiroshige. Quand à l'étang, avec les constructions, il commença à s'assécher et fut comblé en 1910.

     

     

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°113 (虎の門外あふひ坂, Toranomon soto Aoizaka La pente d’Aoi à l’extérieur de la porte Toranomon

    Nous avons toujours Toranomon, enfin la bouche de métro Toranomon car la porte n’est plus là. Pour la pente c’est plus difficile. Sur les plans environnants, les noms des pentes sont bien indiquées mais pas celle d’Aoi.

    L’avantage c’est que sur l’estampe, le sanctuaire de Kotohira-gu est représenté (appelé aussi Konpira-jinja). C’est un bon indice mais pas suffisant pour trouver l’endroit exact. Surtout que de nos jours, la chute d’eau a disparue tout comme la douve !

     

    D'Akasaka à Shimbashi....

     

    Le nom Toranomon viendrait soit d'un cerisier odoriférant appelé Toranoo qui poussait sur le domaine de la famille Naito toute proche de la porte du château du shôgun, soit son nom proviendrait d'un évènement lié à l'ambassade de Corée venue rendre hommage au shôgun. Elle venait avec un tigre en cadeau mais sa cage était si imposante qu'elle ne put passer par la porte. Celle-ci fut détruite et quand on la reconstruisit, on la nomma Toranomon, le porte du tigre.
    La porte n'est pas représentée. La scène se déroule sur la pente Aoizaka (la pente aux mauves) qui longeait le déversoir de l'étang Tameike.
    Deux bâtiments sont visible, celui appartenant à Sannô jinja et celui de Konpira.

    Vous aurez remarqué les deux personnages presque nus se baladant au premier plan. Il font kan-mairi. C'est une forme d'ascèse  pratiquée par temps froid. C'est sur la lanterne du plus jeune personnage que l'on peut lire leur destination : Konpira Daigongen, un sanctuaire fondé au 17ème s sur le territoire de la demeure du daimyô Kyogoku, propriétaire du château de Marugame sur l'île de Shikoku.


     

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°112愛宕下薮小路, Atagoshita Yabukōji Atagoshita et la rue Yabu

    Et là, c’est le drame !! On sait que l’estampe se situe près du mont Atago mais les demeures des daimyos du clan Kato de Minakuchi ou Hijikata de Komono ont disparu. Pas de trace de la rue Yabukoji… enfin pas de plan non plus sur place pour vérifier…

    Et plus de canal non plus ! Cela mérite de grandes recherches en bibliothèque pour démêler tout ça !

     

    D'Akasaka à Shimbashi....



    Ce que je fis.... Mais tout ce que j'appris c'est que ce quartier au pied du mont Atago était un quartier aristocratique. La rue devait son nom aux broussailles de bambou. D'ailleurs, une haie de bambous occupe le premier plan sur la droite. Elle délimitait la demeure de domaine Kato. La haie de bambou était une protection magique. A l'époque, on pensait que les démons arrivaient par la direction Nord-Est.  Cette direction est nommée kamon. Afin d'être protégé, on érigeait des haies de bambous. Quand le château d'Edo fut construit, on fit de même, on déplaça des temples dans cette direction qui servirent de barrières protectrices.

     

    D'Akasaka à Shimbashi en passant par Yotusya....N°21 芝愛宕山, Shiba Atagoyama Le mont Atago à Shiba

    Nous voilà au mont Atago ! Et croyez-moi, il faut avoir du cœur pour monter toutes ces marches !! Mais tout en haut, il reste difficile d’observer la baie.
    Et surtout, je me demande comment le petit vieux de l'estampe n'est pas resté sur le carreau...

     

    D'Akasaka à Shimbashi....

    Au temple d'Atago, il existe une célèbre fête : Bishamon matsuri. Bishamon-ten est le gardien du Nord dans le panthéon bouddhique et c'est aussi un des 7 dieux du bonheur, les shichifukujin. Cette fête a lieu le 3 janvier et on prie les dieux pour la paix, le bonheur et une bonne récolte. 
    Cette fête consiste en une procession menée par "le messager de Bishamon". Il sort du bâtiment principal du sanctuaire, emprunte otoko no zaka (la pente des hommes), se dirige vers Empukuji où un repas de cérémonie a lieu, revient vers Atago-jinja en prenant onna non zaka (la pente des femmes). Il porte un bâton nommé shâku 笏 avec lequel il frappe une planche. Il porte à la ceinture un pilon et sur sa robe il y a des algues comestibles. Sur la tête, il porte un casque en forme de chaudron où on accrochait une mandarine et des feuilles de fougères. Certaines personnes pensent que le personnage n'est autre qu'Hiroshige lui-même.


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