• De Kameido à Asakusa

    C'est une balade que je recommande fin avril/début mai lors de la floraison des glycines qui font la réputation de Kameido Tenjin.

    De Kameido à AsakusaN°65 亀戸天神境内 Kameidō Tenjin keidai, à l'intérieur du sanctuaire de Kameido Tenjin.

    Le sanctuaire est consacré à Sugawara Michizane, un ministre et poète de la période Heian. Une fois déifié, il devient le protecteur des savants et des étudiants mais le temple abrite aussi  le dieu du tonerre Tenjin (ne cherchez pas la relation...).

    Sauf que Michizane mourut en exil près de Fukuoka, très loin d'Edo donc. On y trouve le sanctuaire principal lié au culte de Michizane. La fondation de celui de Kameido est lié au rêve d'un prêtre en 1662, Torii Nobusuke. On lui demanda de prendre un morceau du prunier sacré du sanctuaire et d'en faire une statuette de Michizane, et pour je ne sais quelle obscure raison, cette statuette fut réalisée à Edo, le lieu de sa réalisation, Kameido donc, devenant aussitôt une terre consacrée pour le culte de Tenjin.

    Pendant une année, la chapelle resta modeste mais après l'incendie de 1657, la ville s'étendit et le shogun Ietsuna, grand adepte du culte de Michizane, agrandit le tout histoire que ça ait de la "gueule".

     Tout fut préservé ! Vous pourrez vous aussi admirer les glycines et le pont tambour en bois vermeil (il y en a un autre en pierre) si jamais vous y allez. Kameido est un endroit assez intéressant pour ceux qui aiment les matsuri et les omamori puisque non seulement la floraison des glycines donnent lieu à des célébrations, mais vous pourrez aussi voir une parade de samourai et récupérer un usokae pour vour protéger des mauvaises langues ou autres perfidies à votre encontre.

    De Kameido à AsakusaN°30 亀戸梅屋舗 Kameido Umeyashiki, le jardin des pruniers de Kameido.

     A l’époque d’Edo, Kameido était l’une des banlieues de la ville. Pour y accéder, le plus simple était de prendre le bateau et de longer le canal Jikkengawa jusqu’à Yanashima où se situaient le célèbre temple du bodhisattva Myoken ainsi que la maison de thé Hashimotoya.

    A quelques centaines de mètres en aval du temple, on trouvait le sanctuaire de Kameido-tenjin et Kameido Umeyashiki, le celèbre jardin de prunier.

    Au début du 18ème siècle, la beauté des arbres en fleur et leur parfum furent remarqués par le shôgun Yoshimune alors qu’il passait par là en 1720. Le jardin est aussi appelé Seikoan (refuge parfumé de pureté).   A l’époque d’Hiroshige, le jardin était clôturé et on pouvait l’admirer de l’extérieur.

    Cette estampe, comme d'autres de cette série, servit de modèle pour Van Gogh qui le copia à l'identique dans sa structure mais avec sa petite touche personnelle.

    On aimerait que, comme à Kamata, il y ait au moins un ersatz de ce jardin, mais tout a disparu, Garyubai le dragon couché était particulièrement célèbre, mais périt après l’inondation de 1880.

    De Kameido à Asakusa

     

    De Kameido à AsakusaN°31 吾嬬の森連理の梓 Azuma no mori Renri no azusa, le sanctuaire d'Azuma no mori et le camphre enlacé.

    En dépit de son nom, la feuille ne représente ni un sanctuaire ni un arbre exotique mais le canal jikkengawa dont les rives sont régulièrement plantés de cerisiers.

    On voit le sanctuaire au fond, il se trouvait non loin de Fukujinbashi jeté sur le canal jikkengawa. La divinité qui était vénérée à Azuma était Otachibanahime no mikoto. Elle était l’épouse du prince Takeru Yamato no mikoto, guerrier mythique et conquérant du territoire sur l’île de Honshu.

    Le mot Azuma remonte à la légende décrivant la célèbre campagne de Yamato Takeru à l’est, dans le pays où fut fondé Tokyo. Lorsqu’il gagna la province de Sagami, il voulu traverser la baie d’Edo quand une tempête éclata. Voulant apaiser les flots, sa femme se sacrifia en se jetant à la mer. Arrivé sain et sauf à Yushima, il se tourna vers l’endroit où sa femme s’était jetée et s’écria Ah Tsuma (mon épouse) ! d’où le méchant jeu de mot Azuma…. Qui devint un synonymes poétiques pour les provinces orientales en général.

    Toujours liée à cette légende, un camphrier au deux troncs soudés poussait ici, renri no kusu 連理の梓, ( les kanji s’écrivent avec azusa 梓 au lieu de kusu 楠). Quelques jours après la mort de la princesse, les flots rejetèrent sur la côte son peigne qui fut solennellement enterré et Yamato Takeru enfonça au-dessus du tertre deux bâtonnets fait de camphrier en songeant que s’ils donnaient des racines, il pourrait instaurer l’ordre dans le pays. Ce qui advint.

    Un arbre n’ayant qu’une seule racine et un tronc féminin et masculin, symbolise également l’amour des époux survivant même à la mort (les deux sens se retrouvent dans le mot renri 連理).

    Renri no kusu éteit donc considéré comme un arbre miraculeux qui avait le don de guérir les maladies.

    C'est tellement poétique ! J'aurais bien voulu voir ce camphrier à double tronc mais à mon avis son bois a dû être vendu depuis belle lurette.

    Pourtant un petit sanctuaire subsiste, qui pourrait croire qu'il est le reliquat d'une histoire si émouvante ?

    De Kameido à Asakusa

     

    De Kameido à AsakusaN°32 柳しま Yanagishima, l'île Yanagi 

     

     

    L'île des saules. Agglomération située au croisement de deux canaux : Kita et Jikkengawa. En 1713 le village de Yanagishima fait partie d’Edo grâce à un pont qui le relie à la ville. Le Yanagibashi, le pont des saules. Mais Edo avait déjà un pont des saules. Ce dernier devient alors le moto-yanagibashi.

    Depuis Yanagibashi, on partait en bateau vers les quartiers réservés de Fukugawa, Shin-Yoshiwara et Mukojima et des maisons vertes y firent bientôt leur apparition, prenant part aux banquets et aussi aux distractions sur les bateaux (funeasobi). De tous les établissements de plaisance, le plus célèbre Hashimotoya « Près du pont » un établissement de luxe destiné aux banquets. On peut voir sur l’estampe, le temple Myokendo du monastère Hoshoji appartenant à l’école Nichiren. Consacfré au bodhisatva de Myoken incarnation de la grande ourse et patron du Japon protégeant les gens du feu et leur donnait longévité et bonheur.

    Le vieux pin à l’entrée était vénéré comme le lieu d’habitation du bodhisatva et on l’appelait seiko-matsu « pin visité par l’étoile » ou Seinen matsu « Pin millénaire »

     

    Le pont existe toujours et pour renforcer l'idée, des saules pleureurs ont été plantés non loin.

    Bien sûr, pas d'île à proprement parlé, mais le croisement des deux canaux visible sur l'estampe est toujours là dans la réalité. Le temple aussi est présent et comme pour nous faire un pied de nez, quand j'y suis allée, il n'y était pas question d'Hiroshige mais d'Hokusai.

    De Kameido à Asakusa

     

    De Kameido à AsakusaN°104 小梅堤 Koumetsutsumi, la digue de Koume.
     

    Il n'y a rien de bien particulier sur cette estampe, car à l'époque à Koume, c'était plutôt désert mis à part la demeure du clan Mito affilié au Tokugawa et une soixantaines de foyers. On y cuisait des tuiles aussi.... le village était connu pour ses pruniers, d'où son nom mais ils sont absents du tableau.... Personnellement, je crois que les ponts fascinaient Hiroshige.

    Quand en 1722 l'acqueduc devint inutile, le canal laissé à sa place servait au transport des marchandises. Etant trop étroit, on avait recourt au halage et il fut donc nommé Hikifunegawa 引船側. Cependant, aucune scène de halage n'est représentée ici, elle le sera sur l'estampe 37 mais pour un lieu du côté de Katsushika.

    Le quartier a beaucoup changé au cours du temps. Ces derniers temps, il y eu également beaucoup de réaménagement avec la construction de la Sky Tree, le rendant beaucoup plus vivant qu'autrefois.

     

    De Kameido à Asakusa

     

    De Kameido à AsakusaN°91 請地秋葉の境内 Ukechi Akiba no keinai, à l'intérieur du sanctuaire Akiba à Ukeji.

    Il y avait ici un sanctuaire consacré à Inari, divinité des récoltes souvent accompagné d'un renard ou symbolisé par cet animal.

    Mais ce culte fut plus tard associé avec celui d'Akiba-daigongen divinité du feu.

    En 1702, le prince Honda finança le construction à Ukeji d'un sanctuaire qui reçut le patronnage du shogun : Akiba-jinja. On y trouvait la statue du dieu sous la forme d'un tengu debout sur un renard blanc sur fond de flammes (le cirque avant l'heure, un sens de la représentation hors norme, quelle mise en scène !). Comme beaucoup de sanctuaire, c'est son jardin qui fit sa popualrité, surtout en automne, comme on peut le voir ici.

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :