• De Ueno à Akihabara

    7 décembre.

    Journée de repos, ou presque... J’enfile de bonnes chaussures direction Ueno !
    Figurez-vous que c’est peut-être l’endroit de Tokyo où les paysages d’Hiroshige sont encore semblables !! Etonnant non ?
    Meguro qui fut presque inoccupé à l’époque subit une transformation radicale alors qu’Ueno, quartier plus ancien, a su plus ou moins garder son caractère d’antan.

     

    Le premier arrêt fut la station Suidobashi.

    N°48水道橋駿河台, Suidōbashi Surugadai Le pont Suido et le quartier Surugadai

    De Ueno à AkihabaraEt bien aujourd’hui, depuis le pont Suido, nous pouvons effectivement voir la Kandagawa mais abandonnez l’idée d’apercevoir le Mont Fuji… ou même les carpes flotter durant Koi nobori. La principale attraction c’est peut-être le Tokyo Dome et ses nombreux spectacles ou matchs de baseball.

     

     

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    Le nom de Surugadai provient de la province de Suruga (aujourd'hui cela correspond à le préfecture de Shizuoka). En effet, après la mort de Tokugawa Ieyasu, cette zone d'Edo fut occupée par des fonctionnaires issus du domaine de Sunpu (駿府藩, Sunpu-han, aujourd'hui Shizuoka).
    Quant aux étendards, il y a des fukinagashi
    吹き流し : les étendards militaires constitués d'une longue hampe où on attachait des rubans de soies ballotées par le vent et les nobori : étendards verticaux avec des voeux de bonheurs et des représentations du géant  Shoki vainqueurs des démons.
    Ces étendards ont évolué avec le temps. Au départ, ils n'y avait que trois couleurs : jaune, rouge et bleu et les représentations étaient des scènes guerrières. Peu à peu, ils s'agrandissent et deviennent polychromes puis les étendards munies de carpes font leur apparition.

     

    N°117 湯しま天神坂上眺望, Yushima Tenjin sakaue chōbō Le sanctuaire Yushima Tenjin vu du haut de la colline.

    De Ueno à AkihabaraMais quelle colline me direz-vous ?? Eh bien Otoko no zaka 男の坂, le passage pour les hommes car il y a une pente plus douce pour les femmes (Onna no zaka 女の坂). Mais figurez-vous que vous pouvez vous tenir à l’endroit exact d’où l’ensemble fut peint ! C’est d’ailleurs assez extraordinaire. Cependant, la vue sur l’étang Shinobazu et le temple de Benten est bloqué par les immeubles qui ont poussés comme des champignons. Si vous souhaitez retrouver la vue d’autrefois, peut-être devriez-vous vous inviter chez les personnes qui habitent dans l’immeuble juste à côté du temple.

     

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    A l'époque le quartiers était entouré de pruniers, de maisons de thé mais aussi de maisons de passe... Et les citadins venaient aussi pour jouer à la loterie qui n'était alors autorisée que dans de rares endroits.
    Je vous avouerai que je ne sais pas pour les maisons de passe, je n'ai pas vraiment enquêté, mais le quartier semble beaucoup moins animé. La loterie, fut remplacée par le pachinko ou le loto mais ces établissement ne se sont pas établis à proximité du temple.

     

    N°11 上野清水堂不忍ノ池, Ueno Kiyomizu-dō Shinobazu no ike Le pavillon Kiyomizu et l’étang Shinobazu

    N°89 上野山内月のまつ, Ueno sannai Tsuki no matsu
    Le "pin de la lune" a Ueno

    De Ueno à AkihabaraDe Ueno à Akihabara

     

     

     

     

     

     

     

    Voici également un endroit qui n’a pas changé d’un pouce !! Même le pin de la lune est toujours là et on semble en prendre très grand soin !

    C’est assez difficile d’avoir le même point de vue que l’artiste car il faudrait être un peu plus en hauteur, mais si vous disposez d’une échelle… ou que vous grimpez sur l’arbre à proximité (attention, je suggère, mais ne cautionne pas), vous pourrez profiter du même paysage qu’Hiroshige en son temps.

     

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    Depuis la terrasse du pavillon Kiyomizu, et s
    i vous regardez à travers le cercle du "pin de la lune", vous pourrez observer l'étang Shinobazu et le temple de Benten construit à l'image de celui de l'île de Chikubu sur le lac Biwa.
    Lee pavillon appartient au monastère Kanei-ji situé plus au nord (près de la station JR Uguisudani). A l'époque, au-delà de l'étang, s'étendait un quartier occupé par le daimyô Maeda, seigneur de Kaga (préfecture d'Ishikawa) aujourd'hui remplacé par un des campus de l'université de Tokyo (Tôdai - campus Hongo)

     

    N°12 上野山し  Uneo Yamashita Ueno Yamashita

    De Ueno à AkihabaraIl est difficile de savoir exactement quel est l’endroit qui était représenté alors. Je suppose que c’est au pied de l’entrée du parc, vers la station Uneno Keisei. Mais aujourd’hui, notre seul indice, c’est-à-dire l’endroit nommé Iseya sur l'estampe, qui était un service de restauration rapide célèbre pour son plat avec des feuilles de shiso, n’existe plus et fut remplacé par des Yoshinoya, Sukiya ou autres…

     

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    Le site se trouvait à proximité de Mihashi 三橋 les trois ponts qui traversaient la rivière Shinobu se jetant dans le lac Shinobazu (aujourd'hui, tout cela a disparu bien entendu...). Pourquoi trois ponts ? Au départ, il n'y en a qu'un qui mènait aux sépultures des shôgun, mais avec l'élargissement des rues à cause de l'incendie de Mereiki en 1657, deux autres furent construits. Cependant, chacun acquit une fonction : celui du milieu était réservé au shôgun, celui à l'ouest était pour les processions funéraires et celui à l'est pour les condamnés.

     Yamashita était le nom du terrain inculte qui s'étendait au pied de la colline d'Ueno (d'où son nom). Il servait d'obstacle en cas d'incendie.
    En 1737, il fut aménagé et devint célèbre pour ses spectacles de rue et des bazars connus sous le nom de hotokedana "boutique de Bouddha" qui parfois s'occupaient également de fournir des prostituées appelées kekoro.
    Pourquoi boutiques de Bouddha ? Le mur de pierre que nous voyons sur l'image mène au temple Kanei-ji. Cela peut-être une explication.
    Le torii qu'ont voit est celui du sanctuaire shintoïste Gojo-tenjin consacré à Sugawa-no Michizane, un ministre et poète qui devint le protecteur des savants et des étudiants.

    N°13 下谷広小 Shitaya Hirokoji Shitaya Hirokoji

    De Ueno à AkihabaraCroyez-moi ou non mais le grand magasin Matsuzakaya existe toujours ! Certes plus grand, entouré de nombreux autres établissements mais même son symbole est toujours représenté sur une de ses façades.Autrefois spécialisé dans la soie, le magasin offre de nos jours plus de choix.

     Shitaya signifie quelque chose comme "la vallée inférieure/basse" et donc comme Yamashita, se trouvait au pied de la colline d'Ueno.

     

    De Ueno à Akihabara

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    Sur l'estampe, on peut également apercevoir un petit magasin avec des armoiries rouge. C'est un salon de coiffure. Pour connaître la dernière mode, il suffisait de regarder sur les rideaux noren
    暖簾 qui affichaient les dernières vogues.

     

    N°10 神田明神曙之景, Kanda Myōjin akebono no kei Lever de soleil au sanctuaire Kanda Myojin

    De Ueno à AkihabaraEuh non, je n’allais pas attendre aussi longtemps ou me réveiller avant le lever du soleil pour en saisir l’instant. Surtout que je n’arrivais pas à m’imaginer où pouvait se trouver cette terrasse du temple. Le sanctuaire est toujours là mais où est la terrasse car aujourd’hui on ne retrouve plus ces petites tables où les passants peuvent se reposer en sirotant probablement un thé. En fouinant un peu, on peut retrouver l’endroit. Maintenant la seule chose qui s’y repose se sont les voitures puisque l’endroit est devenu un parking. Mais il surplombe les lieux et donne une vue impressionnante sur le quartier… La vue aurait pu être plus impressionnante sans les buildings et avec un peu plus de verdure mais bon, je ne changerai pas Tokyo par ma seule volonté…

     

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    N°47 昌平橋聖堂神田川, Shōheibashi Seidō Kandagawa Le sanctuaire Sei-do et la Kandagawa vus du pont Shôhei

    De Ueno à AkihabaraSi Yushima Seido existe toujours avec une grande statue de Confucius dans son enceinte, il est maintenant impossible d’en voir les murs depuis le pont Shohei. Le pont est aussi là, mais on oublie la grande colline du premier plan sur l’estampe. A la place, vous aurez la gare d’Ochanomizu et le trafic des trains des différentes lignes passant par là (Sobu et Chuo).

     

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    Le nom de shohei vient en fait de Shan Tung, le nom de la ville où naquit Confucius. Le pont s'appelait autrefois Imoaraibashi, ne me demandez pas le lien avec les pommes-de-terre.... Par contre son changement de nom de la colline, et donc du pont attenant, s'explique par le fait que le shôgun Tokugawa Tsunayoshi ait voulu attester de son dévouement au confucianisme.

     

    N°9 筋違内八ツ小路, Sujikai uchi Yatsukōji La rue Yatsukoji près de la porte Sujikai

    De Ueno à AkihabaraComment gommer l’une des plus grandes artères de l’époque ainsi qu’une porte ? Faites passer le train par là. D’habitude ce sont les voies express ou les autoroutes qui ont transformées le paysage, ça nous change un peu.

    La vue est donc impossible à retrouver, enfin disons que depuis le point de vue de l’artiste, cela ne donne rien. Pour se souvenir de l’endroit, il y a quand même un petit panneau récapitulant les faits avec une carte de l’ère Edo et une carte actuelle. Et oui, tout a disparu… Et même certainement des mémoires. La ville électrique, car Akihabara est à deux pas, ne se soucie pas de ces vieilles choses.

     

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    Le porte Sujikai fut érigée en 1636 pour le contrôle du passage des voyageurs allant vers Nihonbashi. La vaste place qui est devant sert de coupe-feu. Une multitude de petites rues s'y rejoignaient, si bien qu'on l'a surnommée Yatsukoji "huit rues".

     

     


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