• Près du palais impérial...

    Lundi 16 décembre

    Cette fois-ci je dois me rendre à Ginza alors j’en profite pour aller du côté du palais impérial pour vérifier quatre références.

    Près du palais impérial...N°51 糀町一丁目山王祭ねり込, Kōjimachi itchōme Sannō Matsuri nerikomi Le cortège du festival Sannô à Kôjimachi Itchôme

    Eh bien la structure du palais impérial n’ayant pas changé, la vue est la même…bon, sans le cortège... C’était un jour calme quand j’y étais. Il n’y avait même pas de jogger ! C’est dire. Donc la vue donne sur la porte Hanzomon et la douve Sakurada, nouveau nom pour la douve Benkei. Le cortège vient du sanctuaire Sannô Hiei que j’avais vu quelques jours plus tôt.

    Près du palais impérial...

    Tous les 2 ans, du 10 au 16 juin, une procession de 57 sanshâ était préparée par les 160 quartiers de la ville. Cependant en 1841, les décrets interdirent un tel étalage de luxe et les processions devinrent plus modestes.
    Le jour de la fête de la divinité du sanctuaire de Hie Sannô, la procession se rendait au château princier. Tout le chemin était clôturé de bambous et pavé. Il y avait également des lanternes et des décors multicolores ainsi que des estrades pour des représentations théâtrales. Ici le premier char est celui du quartier Minami Demmachô qui est surmonté d'une statue de singe. C'est le messager de Sannô. Le char au premier plan est celui d'Odemmachô qui est surmonté d'un coq.
    Le tambour que l'on voit vient d'une tradition chinoise importée au Japon au VIIème s. par L'empereur Kotoku. En Chine, à l'entrée des lieux publics, un tambour était installé et n'importe qui pouvait en battre pour signaler une injustice.
    Sur l'estampe, on peut voir au loin Hanzomon 半蔵門. Cette porte doit son nom à Hattori Hanzo
    服部 半蔵 qui était le chef d'un des plus puissants clan ninja. Il était aussi surnommé le Démon à cause de sa férocité au combat.

    Près du palais impérial...N°54外桜田弁慶堀糀町, Soto-Sakurada Benkeibori Kōjimachi La douve Benkei de Soto-Sakurada à Kôjimachi

    On longe la douve pour aller du côté de Sakuradamon. Aujourd’hui le lieu est surtout synonyme du siège de la police, mais c’est le nom d’une des portes du palais. Donc presque pareil… Il y a toujours le corps de garde mais le réservoir qui s’appelait la fontaine de cerises et la demeure du seigneur Hikone ont disparu.

     

    Près du palais impérial...

    Le nom de Sakurada vient d'une anecdote liée au premier shôgun, Ieyasu Tokugawa. Quand ce dernier vint à Edo pour établir sa future capitale en 1590, il fut tellement impressionné par la vue des cerisiers qu'il ordonna qu'on les transfère sur le territoire du château.
    Sakurada fut partagée en un quartier intérieur, Uchi-sakurada, et extérieur, Soto-sakurada qui englobait plusieurs quartiers dont Kojimachi. C'était l'un des plus anciens quartiers d'Edo où s'installèrent les fudai daimyos et les branches cadettes de la famille Tokugawa.
    Quant à la douve Benkei dont j'ai déjà parlé dans d'autres articles, elle tire son nom de Benkei Kozaemon, un célèbre constructeur de ponts.

    Près du palais impérial...N°2霞がせき Kasumigaseki

    Je crains que de Kasumigaseki, il ne reste que le nom d’une station… Il y avait les maisons de deux daimyos visibles : celle d’Asano d’Hiroshima et celle de Kuroda de Fukuoka. Je ne sais pas exactement quelle rue est représentée mais comme on voit la baie dans l’arrière plan, je suppose que la vue fut prise en direction du parc d’Hibiya. Comme aujourd’hui on ne voit plus la baie ou la mer… Il faut trouver d’autres repères. Reste à savoir si les demeures des daimyos sont devenues le Ministère de la Justice, celui des Affaires étrangères ou de la Finance…

     

    Près du palais impérial...

    J'aime beaucoup le nom "Kasumigaseki" : le poste des brouillards. Il est lié à la légende de Yamato Takero-no-mikoto qui subit une terrible tempête dans la baie de Sagami. Les éléments se calmèrent après le sacrifice de son épouse, Ototachibanahime, qui se jeta dans la mer pour apaiser les dieux. Sain et sauf, il débarqua et monta sur une colline si élevée qu'elle semblait percer les nuages et les brouillards. Il décida alors d'y installer un poste frontalier.

    Les terres de Kasumigaseki furent distribués aux plus puissants daimyos.
    Sur l'estampe, plusieurs éléments rappellent les festivités du Nouvel An comme la présence des kadomatsu 門松, les petits pins que l'on met à l'entrée des demeures.
    Une procession arrive menée par un homme en costume de fête, le kariginu, et coiffé d'un chapeau de cérémonie. Il tient un bâton avec des bandelettes pliées de manières spéciales, les gohei

    御幣. Ce bâton est nommé mando, ce qui signifie 10000 fois. Il représente la purification après la prière (ou plutôt la danse sacrée) accordée par la divinité dans le shintoïsme. Derrière lui, on retrouve des acteurs qui interprèteront les daigakura, les danses rituelles dont la danse du lion shishimai est le clou du spectacle !
    Ils allaient de maison en maison et chantaient aussi des chants bienveillants, les manzai, qui veut littéralement dire 10 000 ans.

    Près du palais impérial...N°3 山下町日比谷外さくら田, Yamashita chô Hibiya Soto-Sakurada Le quartier Hibiya et les environs de Soto-sakurada vu depuis le quartier Yamashitachô

     

     La vue n'a pas changé. La douve est toujours là mais je n'étais pas présente le jour de l'an pour vérifier si quelqu'un utilisait les raquettes hagoita 羽子板 ou jouait avec un cerf-volant... même si je pense que beaucoup de personnes trouveraient ça étrange....

    Près du palais impérial...

    C'était l'un des quartiers les plus luxueux d'Edo, mais Hibiya était à l'origine une petite bourgade de pêcheurs avant que les terres soient distribuées aux grands seigneurs. L'une des plus importantes demeures était celle des Nabeshima, gouverneur de la province de Saga.


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