• Vers Hiroo et Meguro

    6 décembre 2014

    Joyeuse Saint Nicolas !!! Je ne vais pas chercher du pain d'épices, mais des ponts. C'est une histoire d'eau...

    Vers Hiroo et MeguroN°22広 尾ふる川, Hiroo Furukawa

    Hiroo est aujourd'hui connu pour ses ambassades et son quartier chic. Or, il n'y a pas si longtemps, Hiroo n'était encore qu'une vaste plaine recouverte de prêles. Ainsi, Hiroo était parfois surnommée 土筆の原Tsukushi no hara et les gens venaient ici pour s'échapper de la ville, admirer la nature et les moulins à vent.... Cela semble si lointain !

    Le pont de l'estampe est le "quatrième pont" 四の橋shi no hashi, parfois appelé 相模どのの橋 Sagamidono no hashi car le seigneur de Sagami (ancienne province qui correspond vaguement à l'actuelle Kanagawa) résidait non loin.

    L'endroit était connu pour un de ses restaurants : Owariya qui était réputé pour ses plats d'anguilles. Rebaptisé Kitsune, il était même répertorié sur les cartes de la capitale. La gloire en somme, une sorte d'équivalent de l'étoile du guide Michelin...

    La Furokawagawa coule toujours sous la voie express mais pour connaître quel pont correspond précisément à l'estampe d'Hiroshige, cela reste un grand mystère. Le seul 狐 kitsune, renard,  que vous trouverez ici sera certainement dans vos udon mais pas dans un plat d'anguilles.

    Vers Hiroo et Meguro

     

    Vers Hiroo et MeguroN°111目黒太鼓橋夕日の岡, Meguro taikobashi Yūhi no oka, Le pont tambour de Meguro et la colline du soleil couchant

    Du côté d'Ebisu on construisait des simulacres du Mont Fuji, à Meguro, on chassait le faucon et il y avait des forêts et des champs...

     Les ponts tambours ne sont pas rares en Asie, mais qu'à cette époque, à Tokyo, on trouve un pont de pierre, ça c'est unique !

    La colline abritait la résidence du seigneur d'Etchû (aujourd'hui Toyama), le daimyô Hosokawa.

    Derrière, se trouvait le Myooin fondé par le moine anachorète Shinen.

    Le nom Meguro vient de Meguro Fudô, Fudô aux yeux noirs ! Déjà que Fudô n'est pas le personnage du panthéon bouddhique le plus attirant....

    En fait, il faut remonter à la naissance de la capitale elle-même lorsque le moine Tenkai, ami de Ieyasu Tokugawa, lui suggéra de protéger sa capitale par des divinités en construisant 5 monastères dont chacun furent consacrés à Fûdô-myô. Les statues qui y furent placées avaient chacune des couleurs d'yeux différentes. Celui de Meguro était le plus grand mais aussi le plus important.

    Vers Hiroo et Meguro

    La Megurogawa fut, elle, épargnée par cette folie de la voie express ! Et c'est tant mieux car longer la rivière reste un de mes passe-temps favori par beau temps. Cependant, le doute subsiste : quel pont ?? Il n'y a plus de pont tambour depuis belle lurette. Un des ponts reprend un peu cette structure cependant celui d'Hiroshige était celui qui menait les pèlerins au Ryusenji 滝泉寺 ou Meguro Fudoson, par la rue qui justement se nomme 行人坂 kôjinzaka ou gyôjinzaka. A cet endroit, il y a un temple, le Daienji 大円寺, près duquel devait se trouver autrefois le Myooin. Ce temple possède 500 rakas, les disciples de Bouddha. Toutes les statues sont uniques, chacune ayant un visage et une posture différente. C'est à voir et c'est gratuit! Par contre, c'est vraiment une pente abrupte, le plus facile c'est de partir de la gare de Meguro et d'aller en direction de la Megurogawa et non l'inverse.

    Vers Hiroo et Meguro

    Vers Hiroo et Meguro

    Le Myooin/Daienji est aussi lié aux incendies.... En 1774 c'est à cet endroit que prend l'un des incendies les plus meurtriers de la capitale connu sous le nom du grand incendie de Meiwa 明和の大火 (et donc parfois appelé l'incendie de gyôninzaka) faisant environ 15000 morts.

    Mais avant ça, c'est ici que se réfugièrent certaines personnes ayant perdu leur foyer lors de l'incendie de Tenna en 1682 天和の大火 dont Yaoya Oshichi 八百屋お七, la fille du marchand de fruit et légume Oshichi qui tomba amoureuse d'un des moines et afin de le retrouver, provoqua un incendie (ça fait très psychopathe...). Elle est alors condamnée à périr sur le bûcher à l'âge de 16 ans. L'histoire est assez connue et fut adaptée notamment en pièce de théâtre kabuki.

     

    Vers Hiroo et MeguroN°23 目黒千代か池川, Meguro Chiyogaike, L'étang Chiyogaike à Meguro

    La chute d'eau et l'étang étaient encore là en 1930 et si je ne sais pas dans quel but cela fut aménagé, le lieu est lié à la légende d'O-Chiyo. Elle se serait noyée suite à la condamnation à mort de son seigneur Nitta Yoshioki qui finit noyé dans la Tamagawa. Elle choisit de mourir de la même façon... Romantique. On notera que c'est un thème récurrent, les femmes se sacrifient assez souvent par amour dans les histoires japonaises....

    Maintenant, c'est un quartier résidentiel. Un peu plus haut (oui parce que Meguro, c'est très pentu....) il y a une sorte de terrain de jeux où une pancarte indique qu'il y avait autrefois un lac en présentant l'estampe. On est très loin d'un paysage romantique. Pour cela, allez du côté de Nakameguro, promenez-vous le long de la Megurogawa. Aujourd'hui, je suppose que l'âme tourmentée d'O-Chiyo doit hanter un bâtiment résidentiel situé légèrement en contrebas, là où devrait se trouver ledit lac.

    Vers Hiroo et Meguro

     


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